La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien et à donner le meilleur de soi-même (catéchisme de l’église catholique).

L’acquisition de la vertu se fait en mettant en place des habitudes fermement, à petits pas, et surtout sans se désespérer. La vertu doit être vécue dans la joie car elle a pour but de nous rendre libres, heureux et saints.

 

La vertu du printemps

L’AMITIE

1 - Qu’est-ce-que l’amitié ?

Dans le dictionnaire, l’amitié est définie comme un sentiment d’affection ou de sympathie entre deux personnes ; on l’appelle aussi bienveillance, gentillesse, courtoisie chaleureuse dans les relations.

Essayons d’affiner cette définition. Il s’agit de bien faire la différence entre la camaraderie ou le copinage et la véritable amitié.

La camaraderie est une relation sympathique et agréable, qui peut changer au gré des activités et des circonstances. Cette sympathie peut (ou pas !) être le début d’une amitié qui, elle, est une vertu, parce qu’elle est tournée vers l’autre et qu’elle veut son bien (rappel : une vertu est une disposition ferme et habituelle à faire le bien, à donner le meilleur de soi-même).

Un ami est une personne avec laquelle j’entretiens une relation affective, avec qui je partage des valeurs communes et à qui je veux du bien. C’est un attachement mutuel, basé sur la liberté. Ce qui rapproche des amis, c’est leur nature propre et non pas les circonstances (ou au début peut-être). « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » (Montaigne et La Boétie)

L’amitié est un bien humain, la relation humaine par excellence. Selon Benoît XVI : « L’amitié est un des sentiments humains les plus nobles et les plus élevés, que la grâce divine purifie et transfigure. » Elle a une dimension morale ; si j’aime quelqu’un d’amitié, je veux l’aider à être meilleur, je cherche son bien, et réciproquement. L’amitié véritable exclut donc toute complicité dans le mal. Le mal, lui, divise (le diable est le diviseur). Le souci de l’autre peut donc aller jusqu’à le contredire au nom de cette amitié ; la correction fraternelle est une marque d’amitié vraie.

Pour nous chrétiens, notre trésor, le véritable Ami, c’est le Christ. Si nous voulons le bien de nos amis, le bien le plus grand, nous voulons les rapprocher du Christ.

L’amitié conduit donc tout naturellement à l’apostolat, car l’ami donne à l’ami le meilleur de ce qu’il possède.

2 – Pourquoi vivre l’amitié ?

Parce que le Seigneur nous le demande. C’est le commandement par excellence : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Jésus, qui est passé en faisant le bien et qui a gagné le cœur de tant de personnes, est notre modèle. Jésus va vers tous. Il a beaucoup d’amis : les apôtres, Lazare, Marthe et Marie, Nicodème, … Toute occasion est bonne pour entamer une relation d’amitié : près du puits avec la Samaritaine, au repas chez Levi, avec Zachée, chez Pierre à Capharnaüm, … Jésus consacre aussi des moments privilégiés à ses apôtres et à ses amis de Béthanie.

Mais le moment où le Seigneur nous dit avec le plus de profondeur son désir de nous offrir son amitié est celui de la Cène : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis. » Pour Dieu, nous ne sommes pas de simples créatures : Dieu Lui-même veut se faire notre Ami (ce qui est révolutionnaire par rapport au judaïsme et à l’islam). Et nous chrétiens, nous répondons à cette amitié en unissant notre volonté à la sienne, en grandissant dans son intimité, et en vivant cette amitié chrétienne fondée sur la grâce, qui est un don de Dieu.

L’amitié avec le Seigneur nous fait comprendre le sens de l’amitié humaine, en nous donnant la direction à suivre. Il nous faut vivre cette amitié véritable, en laissant la grâce la transfigurer (Benoît XVI). Dieu compte sur notre capacité à vivre l’amitié pour nous rapprocher de Lui et rapprocher nos amis de Lui. Pensons aux apôtres : André va chercher Simon, Philippe va chercher Nathanaël, … L’amitié est la marque, le signe distinctif des disciples de Jésus. « Voyez comme ils s’aiment ! » disait-on des premiers chrétiens.

De très beaux exemples d’amitié :

  • - Saint Basile et saint Grégoire de Naziance
  • - Saint Benoît et sainte Scholastique (frère et sœur)
  • - Jacques Maritain et Jean Cocteau (« le bon ange » de Cocteau ; Cocteau envoyait ses amis à Maritain pour qu’il leur parle de Dieu !)
  • - Sainte Mère Teresa et la princesse Diana

3) Comment vivre l’amitié ?

  • d’abord en priant, c’est-à-dire en vivant l’amitié avec le Seigneur ; demandons l’aide de l’Esprit-Saint, l’intercession des amis de Jésus, Marthe et Marie ; ayons recours à nos anges gardiens ; confions nos amis au Seigneur.
  • en révisant notre approche des autres : suis-je froid, aimable, audacieux ? ai-je des préjugés ?
  • en nous gardant des critiques, des médisances, … et en posant un regard positif sur nos proches.
  • en souriant, en entretenant la bonne humeur : « Les hommes vont à ceux qui annoncent le bonheur. » (G.Courtois)
  • en vivant la délicatesse avec les autres (se rappeler leur nom, bien les écouter, avoir un mot gentil, des attentions, prendre des nouvelles, écrire une carte, …)
  • en prenant du temps pour nos amis
  • en nous encourageant mutuellement à faire le bien ensemble (projets d’entraide ou humanitaires, travail en équipe, propositions diverses, … : il faut avoir de l’imagination !)
  • en ne craignant pas de contredire nos amis au nom de l’amitié (un ami n’est pas un complice), en ne nous laissant pas entraîner par les bêtises des autres, en osant dire non, en coupant court aux médisances
  • en demandant pardon et en pardonnant sans attendre
  • en élargissant son cercle d’amis
  • en étant patient et persévérant, sans se décourager devant l’échec apparent, car il faut du temps pour s’apprivoiser (cf. le petit prince et le renard)

Propositions de lecture :

  • jeunes et adultes

Aimer c’est… Marc Vaillot – Salvator

Journal et pensées de chaque jour - Elisabeth Lesueur

L’amitié de Jésus Christ   Robert Benson - Le Laurier

  • enfants

Les bons amis - Editions du Père Castor

Chante pinson - Editions Père Castor

Ernest et Célestine - Gabrielle Vincent