La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien et à donner le meilleur de soi-même (catéchisme de l’église catholique).

L’acquisition de la vertu se fait en mettant en place des habitudes fermement, à petits pas, et surtout sans se désespérer. La vertu doit être vécue dans la joie car elle a pour but de nous rendre libres, heureux et saints.

 

La vertu de la rentrée

Le courage

 

L’apprentissage de la pratique des vertus via l’école a pour objectif de nous conduire à la Sainteté, fin unique de notre passage sur Terre.
Exerçons-nous donc à les pratiquer pas à pas, au quotidien, afin de pleinement mériter le Paradis. En ce sens, n’oublions pas que nous sommes les premiers exemples pour nos enfants. Nous allons nous donner six semaines pour acquérir une vertu, alors au boulot!

 

Qu’est-ce que le courage ?

Voici ce qu’en dit le dictionnaire : c’est une force morale, c’est le fait d’agir malgré les difficultés, c’est l’énergie dans l’action. En tant que chrétiens nous avons à transcender cette qualité pour en faire une vertu. Sachant donc que courage vient de cor : c’est une vertu du cœur, de l’être, alors que l’audace tient de l’agir. Le courage se loge dans la volonté, la décision, et non dans le savoir. C’est la force de caractère, la fermeté, qui permet d’affronter le danger, la souffrance, les circonstances difficiles en surmontant sa peur. C’est aussi l’ardeur mise à entreprendre une tâche.

Le courage permet de recommencer, de durer, d’être fidèle, de supporter. Il n’est donc pas réservé aux personnes dont le courage est un trait de caractère! Mais il nous faut le trouver dans notre quotidien et dans les petites choses, sinon comment en accomplir de grandes ?

Cultivons donc le courage comme toute vertu, en apprenant à mieux nous connaître pour savoir jusqu’où nous pouvons aller et pour connaître nos propres limites en apprivoisant la peur après l’avoir identifiée, nommée, en fuyant l’imagination, en écoutant sa raison et non ses émotions et en multipliant les petits actes de courage.

 

Pourquoi apprendre à vivre le courage ?

Déjà bien simplement car tous les jours nous sommes confrontés à des situations qui nous demandent d’être courageux… Rien que pour se lever dès que nous entendons le réveil sonner !

En effet, notre nature blessée a tendance dans ces situations à nous entraîner au péché et il va falloir nous donner du courage pour combattre cette tendance.

Le courage nous permet d’entreprendre des choses car il nous donne confiance en nous-mêmes. Attention cependant à ne pas confondre courage et témérité, qui exclut la vertu de prudence (en effet, durant toute l’année nous allons voir que les vertus s’articulent les unes avec les autres et que pour en acquérir une, nous avons besoin de faire appel aux autres!!). Nous devons mesurer les conséquences de nos actes. Prendre une décision courageuse signifie avoir identifié le but à atteindre et les moyens dont nous disposons pour atteindre ce but. Le discernement est indispensable. Cela permet aux enfants de surmonter leurs peurs et ainsi mieux affronter les risques de la vie.

Être courageux, c’est accepter de grandir, de s’élever, en faisant confiance à ses propres forces avec la grâce du Bon Dieu. Le courage fait partie de la foi: affronter chaque situation avec cette profonde certitude d’être l’enfant chéri du Bon Dieu doit nous donner des ailes !

Nous avons besoin d’être courageux pour exercer la charité (évangile du bon samaritain), pour apprendre à nous dépouiller de nos biens matériels et pour apprendre à reconnaître notre prochain. Également pour exercer la correction fraternelle qui nous demande de remettre dans le droit chemin les personnes qui s’en éloignent.

Enfin et surtout il nous faut être courageux pour accomplir notre mission de chrétiens : nous devons annoncer au monde l’Évangile et dans notre monde actuel, rien de moins facile! Les premiers à avoir eu ce courage sont morts martyrs…

 Le courage, c’est y aller, c’est se lancer, c’est transformer nos idées, nos projets, nos volontés … en actes. Et comme nous le recommande Saint Jean Paul II, « n’ayons pas peur »!

 Oui mais comment…?

 

Comment acquérir la vertu du courage?

Tout d’abord en demandant le courage dans la prière. S’en remettre au Bon Dieu dans un cœur à cœur fervent pour mettre des mots sur la situation que nous rencontrons et ainsi mieux l’appréhender. Demander également à l’Esprit Saint de nous envoyer ses dons en particulier celui de force et d’intelligence.

Lire les Évangiles fréquemment, ils sont pleins d’exemples où Notre Seigneur nous demande du courage: « Viens suis moi ».

Nous pouvons également avoir recours aux oraisons jaculatoires, excellente alternative lorsque nous n’avons pas le temps de l’oraison mentale: « Mon Dieu, donnez moi un coup de pouce! » « Jésus, prenez-moi la main! » « Mon Dieu, Vous êtes avec moi, je fonce! »

Ayons fréquemment recours aux sacrements comme la Confession et la Communion, canaux suprêmes de la Grâce.

Dans la prière du chapelet, nous trouverons les forces nécessaires pour affronter les situations difficiles, en méditant sur la vie de Jésus et en demandant des fruits tels que l’endurance dans les épreuves, la mortification des sens , la charité, l’humilité…

L’exercice de l’examen de conscience fait au quotidien nous aidera à identifier les forces sur lesquelles nous pouvons nous appuyer et les faiblesses à combattre. Aidons nos enfants à le pratiquer régulièrement.

Appelons notre Ange gardien à l’aide, cet indéfectible ami.

Ou encore invoquons des figures de Saints courageuses: celles de nos Saints patrons par exemple, excellente occasion de (re)découvrir leur vie…

Voilà pour quelques solutions spirituelles. 

 

Voyons des solutions plus temporelles :

Ne pas surprotéger nos enfants. Voir avec eux dans quelle situation ils ont peur et s’y confronter avec eux (orages, noir…) Notre devoir est de protéger nos enfants mais aussi de les faire grandir en les aidant à surmonter leurs peurs et leurs réticences.

Il faut mener des combats contre soi-même, contre la partie de soi qui a peur, qui n’a pas envie de faire ce qui lui semble ennuyeux (par ex les devoirs…!), qui n’ose affronter le regard des autres ou qui a peur de la souffrance physique.

Affirmer notre foi peut être une preuve de courage (pensons en particulier à nos adolescents au collège/lycée) à l’heure où être catholique n’est pas vraiment à la mode! Mais cela fait partie de notre devoir de missionnaire. N’oublions pas que le Christ nous a fait prophètes ! Pensons à Saint-Cyr de Tarse lors d’un procès contre les chrétiens (dont sa mère, Sainte Julitte) qui s’est écrié: « moi aussi je suis chrétien! » ce qui lui a valu la mort. Pour cela il faut se former intellectuellement afin de pouvoir défendre nos opinions sur les sujets de foi, de politique, de bioéthique… malheureusement terriblement actuels.

Pour être courageux il faut aussi savoir accepter ses limites et s’en remettre au Bon Dieu « je peux tout en Celui qui me rend fort » Saint-Paul.

Mais attention, dire à un enfant « sois courageux » ne sert pas à grand chose. À nous de les encourager, de leur montrer de quoi ils sont capables, de les tirer vers l’avant. Nous devons pour cela beaucoup les féliciter, ils y sont très sensibles. Encourager son enfant c’est lui montrer qu’on a confiance en lui, en sa capacité à vaincre telle ou tel obstacle ou défaut, c’est le guider vers ses richesses intérieures qui l’aideront à croire en lui. Mais c’est aussi l’initier à des valeurs morales et spirituelles sur lesquelles il pourra appuyer ses efforts (fidélité, engagement, parole donnée, confiance…)

Dans tous les cas de figures héroïque chrétienne, le vrai courage noble, méritant, méritoire, cette lutte contre soi-même se fait au nom de valeurs morales forte.

N’oublions pas qu’en tant que parents et enseignants nous sommes les premiers exemples pour nos enfants. Ils se lanceront dans une situation d’autant plus facilement que nous l’aurons fait avant, devant ou avec eux. Autant que possible, essayons d’être de bons exemples!

Trouvons des exemples concrets de personnes courageuses auxquelles l’enfant peut s’identifier (connaissance personnelle: aïeul qui a défendu son pays, Saint Patron, grands Saints…) nous pouvons choisir avec nos enfants un Saint en particulier à invoquer pendant cette période. Lorsqu’un enfant manque de courage, nous pouvons l’inviter à offrir pour quelqu’un qu’il connaît et qui souffre ou encore passer un petit contrat avec lui : « tu n’as pas le courage de faire ça, moi de faire ci, je le fais pour toi et toi tu le fais pour moi ! » Ces moyens petits mais très concrets et ponctuels marchent très bien avec nos enfants.

Apprenons-leur à ne pas râler avant de commencer quelque chose et à être courageux dans tous les petits renoncements. On est courageux en résistant à la tentation et en choisissant le Bien, nous en avons plein d’occasions dans la journée. En ce début d’année, aller au-devant des nouveaux et les accueillir est une preuve de courage quand on aurait tendance à rester entre soi. Prendre la défense des plus petits ou des plus faibles dans la cour est une autre forme de courage. A l’école, on est aussi courageux en étant honnête : avouer une faute ou un oubli à la maîtresse plutôt que d’essayer de lui cacher. On est courageux en demandant pardon et en essayant d’aimer ceux que l’on a le plus de mal à aimer: demandons au Bon Dieu de nous donner son regard de miséricorde sur les autres. Enfin, il faut apprendre à forger sa volonté : aller jusqu’au bout des choses, faire ce que l’on dit, se tenir à ses objectifs, ne pas abandonner… Et avoir le courage de recommencer là où nous avons échoué ! On ne pourra pas nous reprocher de tomber mais de ne pas essayer de nous relever !

 « Avec l'aide de Dieu, fais en sorte que
cette année soit plus féconde en
bonnes œuvres que l'an dernier;
car au fur et à mesure que les années
passent, que l'éternité se fait proche, il
faut redoubler de courage, élever notre
esprit vers Dieu, et le servir mieux,
spécialement en tout ce à quoi notre
vocation chrétienne nous oblige »
Saint Padre Pio

De quelles figures de Saints nous inspirer ? (liste non exhaustive):

D’abord la Sainte Famille bien évidemment. Jésus, pour le courage de sa mission est de sa Passion. Sainte Marie, pour le courage de son Fiat. Saint Joseph, pour le courage de son soutien silencieux. Sainte Jeanne Beretta Molla

Saint Tarcisius

Saint Cyr de Tarse/Sainte Julitte Saint Maximilien Kolbe

Carlo Acutis Chiara Luce

Sainte Blandine et tous les Saints martyrs Nos Saints patrons.

Bibliographie (liste non exhaustive):

Les Évangiles

Les vies de saints : vénérable Anne de Guigné (dont l’exemple parle beaucoup aux enfants), Sainte Bernadette, Sainte Jeanne d’Arc…

« Le prix à payer » Joseph Fadelle

« Vol brisé » Caroline Aigle

« Lève-toi » Camille Lecuit

Les histoires de petit héros : club des cinq, Signe de Piste (« la couronne de Pierre » Serge Dalens)

« Si tu veux changer ta vie commence par faire ton lit » William McRaven

« Que dire à un jeune de 20 ans » Hélie de Saint-Marc

 

« Seigneur, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celle que je ne peux pas accepter et la sagesse de les différencier. » Marc Aurèle