La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien et à donner le meilleur de soi-même (catéchisme de l’église catholique).

L’acquisition de la vertu se fait en mettant en place des habitudes fermement, à petits pas, et surtout sans se désespérer. La vertu doit être vécue dans la joie car elle a pour but de nous rendre libres, heureux et saints.

 

La vertu de l'automne :

La bonne humeur

 

Qu’est-ce-que la bonne humeur ?

 

Spontanément, nous pourrions dire que la bonne humeur est le poumon de la vie pour la famille, pour la société et pour la personne elle-même. C'est avoir un comportement positif devant les événements.

Mais pourquoi le chrétien en fait-il une vertu? C'est une question de caractère, et non de tempérament. Le caractère se forge (image de la vigne émondée dans la Bible) alors que le tempérament est inné. On peut donc, comme pour chaque vertu, travailler et acquérir la bonne humeur. La pratique des vertus perfectionne notre caractère.

La bonne humeur est une conquête sur notre volonté ; nous devons nous y appliquer tous les jours. Attention ! Il ne s'agit pas de nier la vérité (exemple : on a prévu une sortie en famille, mais le mauvais temps s’installe. L'un dira : « oh ce n’est rien, le soleil va se lever ! » (en niant la vérité), mais l'autre dira: « c’est l’occasion de se faire un bon chocolat chaud devant le feu ! Et des jeux de société en famille ! » (en prenant le bon côté de la situation, choisissant la bonne humeur). Cette dernière personne recherche le but initial : être bien ensemble.

La bonne humeur est un état d’esprit, une qualité humaine qui fait prendre le bon côté des situations.

En tant que chrétien, c’est en luttant et avec la grâce de Dieu que nous arriverons à gagner cette vertu. Notre motivation vient de notre filiation divine et de notre espérance et confiance en Dieu, qui  veut le meilleur pour Ses enfants, Il ne nous abandonne pas.

Cette petite vertu humaine repose sur la grande vertu théologale de l’espérance.

 

Pourquoi doit-on maintenir en nous la bonne humeur ?

 

  • Nous le devons à Dieu :

C’est la conséquence de notre foi, un hommage à rendre à Dieu. Nous avons conscience d’appartenir au Christ et savons pourquoi nous sommes heureux au fond de nous.

L'exemple de la  vie de Jésus doit nous pousser à être de bonne humeur : Il est venu pour notre joie ! Évangile veut dire : Bonne Nouvelle. 

Dès le début de l'évangile, les anges annoncent une grande joie. Le premier miracle de Jésus est un miracle pour la joie, la bonne humeur ! (les noces de Cana). Jésus est souvent invité chez ses amis et enseigne la joie dans beaucoup de paraboles (l’enfant prodigue, la brebis perdue...) « Que votre joie soit parfaite ! »

« Réjouissez-vous toujours » écrit saint Paul. 

Quelques figures de saints qui ont vécu cette vertu :

Saint François de Sales : « Un saint triste est un triste saint .»

Saint Thomas More est surnommé saint Thomas taquin car il avait beaucoup d’humour.

Saint Jean Bosco

Saint Philippe Néri : " La gaité fortifie le cœur... Le serviteur de Dieu doit toujours être de bonne humeur." Sur sa table de nuit, il avait deux livres : la Bible et... un livre de blagues !

La joie et la bonne humeur sont les marques de l’abandon et de la reconnaissance envers notre Seigneur.

 

  • Nous le devons à nous-mêmes :

C’est un besoin pour nous d’être de bonne humeur, c’est une force ! La tristesse est l’alliée de l’ennemi, une tentation du diable. Monseigneur Keppler  : « La bonne humeur est l’atmosphère naturelle des vertus héroïques. »

La bonne humeur a rendu sainte Jeanne d’Arc plus forte pendant son procès. Les voix lui disent :" Fais gai visage et prends tout en gré." 

Elle contribue au succès dans le travail et dans les affaires.

Notre moral influant sur notre physique, la bonne humeur participe à notre bien-être.

« Modération, calme et bonne humeur ferment la porte au nez du docteur ! »

 

  • Nous le devons aux autres :

La bonne humeur est une condition de succès dans l’éducation et dans l’apostolat.

Dans l'éducation, Fénelon recommande d'allier vertu, effort et bonne humeur. Il n’y a pas de véritable éducation sans une bonne dose d’optimisme. Il s'agit de faire pousser la bonne herbe pour étouffer la mauvaise, et ainsi noyer le mal dans une abondance de bien.

L'éducateur doit montrer à l’enfant ce qu’il peut devenir s'il le veut, l'inviter à tendre vers un idéal, lui donner envie, dans la bonne humeur et la confiance.

Pour être apôtre, ce qui est le devoir de tout chrétien, il faut aussi donner envie à ceux que l'on côtoie. Les personnes vers qui l’on va sont celles qui rayonnent. Dom Guéranger nous dit : « Le chrétien doit être Alléluia de la tête aux pieds. » 

Regardons Jésus et imitons-Le. Inspirons-nous des Béatitudes « Bienheureux, bienheureux, bienheureux ! »

Rien ne réussira si on n’y met pas la joie.

 

Comment acquérir la bonne humeur?

 

C’est une grâce de choix, à demander au Bon Dieu, dans la prière. Tous les jours, avec insistance : « Seigneur, donnez-moi la bonne humeur ! ». 

Chasser de notre esprit toute tristesse et mélancolie, ne jamais les laisser nous envahir, repousser systématiquement toute mauvaise pensée. Et arrêter avec les « si... ». Le Seigneur veut notre contribution.

Trouver le positif dans chaque situation ou dans chaque personne. Arrêter de se plaindre... Pourquoi ne pas instaurer une journée sans plainte, par exemple ? Et en faire ressortir ensuite les effets bénéfiques.

Regarder chaque situation d’un point de vue surnaturel et prendre les choses par le bon côté de la lorgnette, sans s’inquiéter de l’avenir. Vivons le moment présent  : à chaque jour suffit sa Grâce, nous pouvons en être sûrs. Lorsque nous récitons le "Je vous salue Marie", nous demandons son aide à Marie pour deux moments de notre vie : « maintenant et à l’heure de notre mort ». Voilà les moments importants, le passé appartenant à la miséricorde de Dieu et l’avenir à sa Providence. Il faut se donner à ce que l’on fait au moment présent. 

Féliciter les enfants pour leur réussite, les encourager, et ainsi instaurer un cercle vertueux qui les poussera à donner le meilleur d’eux-mêmes. 

Ne pas accorder trop d’importance à ce que les autres vont penser, si l'on fait les choses avec droiture.

Nous libérer de toute cause d’énervement. Pour cela, adopter une bonne hygiène de vie (être ordonné, respecter les horaires, anticiper, être prévoyant...)

Avec les enfants, on peut faire l’inventaire des bienfaits dont on bénéficie, et le relire de temps en temps.

Avoir toujours le sourire, l’extérieur agissant aussi sur l’intérieur ! « Le sourire des lèvres prépare le sourire de l’âme.»

Proposer à nos enfants de compter le nombre de fois où ils peuvent faire sourire quelqu’un dans la journée. L’enfant va ainsi se sentir utile et joyeux. A l’inverse, quand il fait la tête, lui demander de se regarder dans le miroir...

On peut également convenir d’un signal si un enfant commence à râler.

Réjouissons-nous de la joie de Dieu. Méditons dans la prière. Profitons de la joie de recevoir les sacrements, quand nous le pouvons : Communion, confession. Sanctifions notre dimanche, en le vivant différemment des autres jours de la semaine. 

Notre foyer doit se réjouir le jour de la Résurrection!

 

Saints de référence à l'école :

Saint Jean Bosco 

Saint Philippe Néri

 

Recommandations de lectures : 

« La bonne humeur » de Gaston Courtois

« Le pouvoir caché de l’amabilité » de G. Lovasik

« Comment être heureux avec 1,2,3... enfants » de Rosa Pich

« La joie de l’Évangile » du Pape François 

 

Les 10 Commandements de la Joie:

La joie à Dieu tu demanderas

chaque matin fidèlement.

Calme et sourire tu montreras, 

même en cas de désagrément.

En ton cœur, tu te rediras:

« Dieu qui m’aime est toujours présent.»

Sans cesse, tu t’appliqueras

À voir le bon côté des gens.

La tristesse tu banniras 

De toi impitoyablement.

Plainte et critique éviteras :

il n’est rien de plus déprimant.

À ton travail tu t’emploieras

d’un cœur joyeux allègrement.

Aux visiteurs tu réserveras Un accueil bienveillant.

Les souffrants réconforteras

en t’oubliant totalement.

En répandant partout la joie, 

Tu l’auras pour toi sûrement.

Gaston Courtois