La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien et à donner le meilleur de soi-même (catéchisme de l’église catholique).

L’acquisition de la vertu se fait en mettant en place des habitudes fermement, à petits pas, et surtout sans se désespérer. La vertu doit être vécue dans la joie car elle a pour but de nous rendre libres, heureux et saints.

 

La vertu de la rentrée

la force d’âme 

Au début de l’année, nous prenons de bonnes résolutions, mais nous nous essoufflons assez vite. La force d’âme va nous aider à persévérer et à nous affermir.

Une petite histoire pour illustrer cette vertu : 

Une jeune fille râle, soupire et se plaint régulièrement à sa maman : « J’en ai marre…»

Sa maman, très sage, sort trois casseroles qu’elle remplit d’eau et les met à bouillir sur le feu. Dans la première casserole, elle plonge une carotte, dans la deuxième, un œuf, et dans la troisième, du café moulu. Au bout d’un certain temps, elle sort les trois casseroles du feu et demande à sa fille : « Que vois-tu ? »

« Ben rien, rien n’a changé… » La maman : « Sors la carotte, touche-la ». Elle qui était si dure avant, est devenu toute molle. « Prends l’œuf… Qu’observes-tu ? » Lui dont l’intérieur était fluide est devenu dur. « Et enfin le café ? » Il sent bon et exhale tous ses arômes, on a envie de le boire… 

Les trois aliments ont été soumis aux mêmes contraintes. La carotte s’est ramollie, l’œuf s’est durci, mais le café a répandu son arôme dans l’eau…

La maman reprend : « Et toi, à qui ressembles-tu ? A l’œuf ? A la carotte ? Au café ? Lorsque l’adversité frappe à ta porte, comment réponds-tu ? »

La force d’âme est évidemment représentée par le café qui sent bon. Le café a changé la source de sa douleur en transformant le mal en bien.

« Si tu es comme le grain de café, c’est la situation qui change autour de toi. »

 

1) Qu’est-ce que la force d’âme ?

On appelle aussi la force d’âme fortitude.

C’est une des quatre vertus cardinales (cardo en latin = charnière). Beaucoup d’autres vertus s’articulent autour d’elle:  l’audace, la persévérance, la patience…

Saint Thomas d’Aquin, qui a beaucoup écrit sur la force d’âme, dit qu’elle est la condition de toute vertu.

Est fort celui qui est capable d’entreprendre le bien et surtout de résister au mal, sans se laisser influencer par le milieu ambiant, avec courage, constance, persévérance, fermeté…

Le courage et la force morale permettent d’amorcer une bonne action sans crainte, mais surtout de résister aux tentations et de surmonter les obstacles en vue du Bien.

Le devoir du chrétien bien évidemment est d’être apôtre, de défendre le Seigneur et de Lui

rester fidèle malgré tout.

Le témoignage suprême de la force d’âme est le martyr.

La force d’âme est la vertu des héros.

Elle est un des sept dons du Saint Esprit, demandons-la souvent dans la prière !

 

2) Pourquoi vivre la force d’âme ?

Pour imiter Jésus. En tant que chrétiens, nous devons être « alter Christus » c’est-à-dire que nous devons imiter Jésus dans toute notre vie.

Avant sa vie publique, Jésus est tenté par satan au désert. Il est notre modèle en opposant un NON ferme devant les tentations du malin.

Pendant toute sa vie terrestre, Jésus fait preuve d’une grande force. C’est une force de l’intérieur -force d’âme- qui n’a rien à voir avec la force physique.

La force de Jésus culmine quand il est sur la Croix : « Rex Gloriae ». Quel contraste !

Dans notre faiblesse, la force de Dieu nous relève. Regardons Jésus pour être fort.

Dans la Bible, nous pouvons découvrir de beaux exemples de force d’âme avec saint Jean-Baptiste, saint Pierre : « résistez au diable avec la force de la foi », dans l’Apocalypse : « Dieu vomit les tièdes » ou encore dans les psaumes : « soyez forts, prenez courage », « ma force et mon chant, c’est le Seigneur ».

Nous ne trouverons pas notre force en nous, mais bien dans le Seigneur ; c’est notre filiation divine qui nous rend fort.

Dans le monde actuel, nous avons vraiment besoin de cette vertu.

Tout acte de vertu est un acte de force. 

Il est important d’apprendre aux enfants que les choses qui valent la peine ne s’obtiennent généralement pas du premier coup et qu’il faut être fermes et tenaces.

Encourageons-les à tenir bon dans les petites choses de la vie ordinaire pour qu’ils deviennent des adultes solides. C’est une tâche essentielle de l’éducation. Ainsi, ils pourront être heureux et construiront leur vie sur le roc.

 

3) Comment acquérir la vertu de force d'âme?

Attention ! En tant que parents et éducateurs, nous sommes l’exemple pour nos enfants.

Il faut être réaliste et patient.

Il est impossible d’acquérir cette vertu seuls : nous devons demander la force à Jésus et à l’Esprit-Saint. Nous sommes enfants de Dieu et nous recevons la grâce suffisante pour être saints. Il nous faudra du temps pour grandir dans cette vertu. Le Seigneur le sait, Il nous connaît bien. Il est plus patient que nous. Tout prend du temps… Prenons le temps !

Saint Thomas d’Aquin nous conseille de résister et attaquer.

 

Comment résister ?

C’est difficile. Au quotidien, nous avons beaucoup d’occasions de résister, car beaucoup de tentations. Notons bien que la tentation est permise par le Seigneur et que ce n’est pas un péché d’être tenté. « Sentir n’est pas consentir ». Il est normal d’être tenté, mais nous devons résister.

Nous pouvons apprendre à nos enfants à résister à des petites gourmandises, à offrir leurs petites contrariétés, à ne pas pleurer quand celles-ci se présentent, à supporter la douleur, à se mettre à l’heure aux devoirs...

On veillera à terminer ce que l’on a commencé, dans la constance. Il faut tenir dans la durée (exemple : les activités extrascolaires).

Il faut savoir dire non : importance de notre propre attitude face à un « explosif » (enfant en colère). Dire non également aux rumeurs, médisances et calomnies : souvenons-nous de saint Philippe Néri qui avait demandé à une pénitente médisante de déplumer une poule, puis d’aller ramasser toutes les plumes éparpillées… Impossible ! Il en est de même des conséquences de nos médisances et calomnies.

« Habitue-toi à dire non ! » saint Josémaria

Attention à la médisance à l’école. Demandons à nos enfants s’ils aimeraient qu’on ait des propos médisants à leur égard.

Apprenons-leur à ne pas trop se plaindre, en leur proposant par exemple de bannir certaines expressions : « j’en ai marre », « je n’y arriverai pas », « c’est trop difficile »...

Ne revenons pas sur une décision : si nous avons annoncé une punition, il faut l’appliquer. « Quand on dit, on fait. »

De temps en temps, il peut être bon de laisser les enfants gérer leurs petits conflits.

Avoir la force et le courage de fuir toutes les occasions de péché : ne pas marcher au bord de la falaise (ne pas regarder un film violent, ne pas fréquenter quelqu’un de mauvaise influence…).

 

Comment attaquer ?

En commençant sa journée en se levant à l’heure (et donc en s’étant couché à l’heure !).

Attaquant la journée avec le sourire !

Prenant une résolution dans notre vie avec le Seigneur (confession régulière, une messe en semaine, lecture quotidienne d’un texte d’Évangile…)

Faisant une grille horaire et s’y tenant.

Adoptant une bonne posture physique (pour travailler à son bureau).

À table ne pas rechigner : manger de tout…

Ces résolutions sont à prendre après un examen de conscience, en revoyant l’année passée. Nous pouvons aider nos enfants dans cet exercice.

Il ne faut pas avoir de fausse humilité qui serait de la paresse : « Je ne pourrai pas ». Ayons confiance en Dieu.

Saint Paul a dit : « Je peux tout en Celui qui me rend fort ». Il faut commencer petit, dans la vie de tous les jours.

Saint Bénilde et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ont vécu la sainteté dans les petites choses de la vie ordinaire.

Sainte Thérèse nous compare à un enfant au bas de l’escalier qui essaye de le gravir et redescend chaque marche à peine montée. Par la pratique des vertus, il nous faut lever et monter notre petit pied pour progresser vers la sainteté. Le bon Dieu nous regarde du haut de l’escalier et il viendra nous prendre dans ses bras, malgré notre faiblesse et nos échecs.

 

Lecture : Histoire d’une Âme, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

Vies de Saints: Saint Jean-Paul ll, Sainte Bernadette, Sainte Jeanne d’Arc, Vénérable Anne de Guigné... Faisons lire des vies de saints à nos enfants, ils aiment cela!